LIN Chi-Wei

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Né à Taïwan en 1971, Lin Chi-Wei a étudié l’art traditionnel à TNUA à Taipei, où il a suivi des recherches de terrain menées par l’ethnomusicologue Lu-Chui-Kuan (吕锤宽) sur la musique indigène et Taoïste. Parallèlement Lin Chi-Wei a formé “Z.S.L.O” en 1992, le premier groupe bruitiste à Taiwan et co-organisé Taipei Broken Life Festival, au point culminant du mouvement bruitiste en Asie. Il part ensuite en France pour approfondir ses études sur les nouveaux médias au FRESNOY en 2000. 

Son livre “Au-delà de l’art sonore – Avant-gardisme, Machine Sonore et Modernité d’écoute”, sorti en 2012, a eu un impact important dans le milieu de l’art des nouveaux médias sinophone. Peu après, Lin a été représenté par la galerie hongkongaise Hanart TZ, et admis comme chercheur associé à la China Academy of the Arts, School of Intermedia Art

Artiste performeur dans le milieu de la musique électro-nique au cours des années 1990, Lin a travaillé comme commissaire du festival de musique dit “industriel ” (Mou-vement de la musique expérimentale inspiré par le da-daïsme et le situationnisme), il est frappé par l’énergie créative des spectateurs qui assistent aux concerts dont la puis-sance bouleverse le cours des performances.

Parallèlement, il explore à la même époque, dans les re-cherches de terrain de TNUA, la diversité des cérémonies aborigènes caractérisées par la musique spontanée pro-duite par l’ensemble des membres du groupe où la parti-tion n’est pas le point focal de la performance. Lin en tire son inspiration pour donner naissance à des oeuvres d’art faisant appel à la participation du public.

Le résultat est la production de dizaines d’oeuvres de la série « Interhuman Dynamic Coordination Models» que Lin Chi-Wei a conçues pour tenter de mettre en évidence les formes d’intelligence collective incarnées dans ces rassemblements éphémères.

On peut considérer que les «Models» fonctionnent comme une sorte de “synchroniseur”, qu’ils fournissent à la fois des signaux de synchronisation et un schéma sonore de base. Avec ces indications minimales, les participants laissent libre cours à leur expression en s’appuyant sur les points repères qu’ils ont reçus. Chacun cherche sa propre interprétation sonore par rapport aux autres, définit la durée, la hauteur, le timbre et le moyen de dialogue avec les autres. Cela peut prendre la forme d’un monologue ou d’une harmonie collective, ou même parfois d’une provocation par rapport au groupe.

On retrouve dans la série des «Models» tous les moyens communicatifs explorés au long de l’histoire humain: Pour ce qu’il concerne la technologie digitale, il y a “Cellular Automata”,”Talking Knots” et ”Sequencer Musics”.Pour la technologie analogique: “Tape Music”,”Multi-Tract Tape series”, Calligraphy”,”Cyber Music” et “Chapelet Sonore”

La plus populaire parmi la série : « Tape Music » a été développée à Taïwan, Pékin et Paris entre 2004-2006. Elle a depuis été représentée plus de 200 fois dans de nombreux pays et contextes y compris la Tate Modern, le Centre Pompidou, la Biennale de Venise et de Shanghai. Elle a même été jouée dans des églises, des usines, des temples bouddhistes, des écoles primaires et dans la nature.

Le “Tape Music” imite le processus mécanique de la lecture de bande magnétique et joue de longs rouleaux de parti-tions musicales annotées. Grâce à une collaboration im-provisée, un choeur élaboré est orchestré par les participants en utilisant leur voix et en performant de manière spontanée. Malgré l’absence de chef d’orchestre et de ré-pétition, une « communauté sonore » temporaire se forme lors de chaque séance de performance.