XU Fang
La pratique de Fang Xu s’articule autour d’une compréhension non oppositionnelle des structures. Dans ses œuvres, les oppositions ne constituent pas des conflits à résoudre, mais des résultats parallèles d’un même processus vital opérant à différentes échelles. Tout acte perçu comme raisonnable, nécessaire ou bienveillant implique inévitablement, au moment même où sa légitimité est établie, des formes d’appropriation, d’exclusion et de sacrifice.
Dans les installations de Fang Xu, l’action se poursuit sans jamais mener à une sortie. Des fourmis cherchent indéfiniment une issue à l’intérieur de boîtes lumineuses ; le système ne se maintient ni par l’effondrement ni par une stabilité imposée, mais par la limitation. De la vie à la mort, l’action est continuellement poussée en avant, et son sens ne réside pas dans l’aboutissement, mais dans la continuité contrainte du processus lui-même.
Les plantes continuent de croître tout en étant coupées. Le système se maintient par la restriction plutôt que par la destruction. Dans cette pratique, couper et protéger ne sont pas des gestes opposés. La survie implique en elle-même une absorption, une transformation et une consommation constantes, tandis que les distinctions entre le « bien » et le « mal » relèvent davantage de jugements anthropocentriques que de la logique interne du fonctionnement du vivant.
Les œuvres de Fang Xu ont été présentées notamment au Grand Palais Éphémère à Paris et à la Galerie Hausgeburt en Allemagne. Sa pratique à long terme s’articule autour des systèmes, des cycles et des structures du vivant.