Entre ciel et terre

19 novembre – 23 décembre 2026

Artistes
An Xiaotong, André Masson, Aung Ko, Chen Zhen, Chen Xiaozhi, Chiharu Shiota, Diane Chéry, Fabrice Langlade, François Cheng, Fu Site, Giuseppe Penone, Han Qin, Huang Rui, Julie Navarro, Liu Bolin, Liu Guangli & Wu Huimin, Ma Kelu, Nge Lay, Ning Zuohong, Peihang Benoit, Romain Ventura, Thomas Garnier, Tomás Saraceno, Tian Dexi, Wang Bing, Wang Du, Wu Chuan Lun, Yan Pei-Ming, Yang Jiechang, Yuan Xiaowei, Yue Lingjun, Zhao Duan, Zhou Meng

Curateur
Joseph Cui

 

L’exposition « entre ciel et terre » s’ouvre comme une immersion au cœur du vertige de la modernité, interrogeant la manière dont l’être humain façonne son monde autant qu’il s’y trouve aliéné. La société actuelle y apparaît non pas comme une simple donnée matérielle, mais comme un construit artificiel, un réseau de flux, d’injonctions et d’accélération qui tend à déraciner l’être de sa propre présence. Les tensions politiques, économiques et sociétales fragmentent notre expérience du réel. Face au règne de la technique et au déferlement d’images qui risquent de déposséder l’individu de son rapport authentique au monde et à autrui, une question existentialiste s’impose : comment maintenir une souveraineté intérieure et une conscience lucide à l’époque actuelle ?

C’est précisément entre la terre et le ciel que s’établit le véritable lieu d’habitation de l’humanité. Logé dans un corps aussi fragile que sensible, l’être humain porte en lui la perception et la pensée, répondant à la double convocation de la beauté et de la mort. Là où la tradition occidentale s’est souvent construite sur une distance critique — concevant la nature comme un objet d’étude, d’admiration romantique ou de maîtrise —, la pensée orientale y voit une matrice vivante, sans commencement ni fin arbitraires. Comme le rappelle François Cheng dans ses méditations, la beauté n’est pas un simple plaisir visuel, mais la résonance même entre le monde et la vie : l’éclosion d’une fleur, une coulée de lumière ou un écho lointain révèlent que l’existence coule en communion avec tous les êtres. Pourtant,la finitude et la disparition donnent à cette beauté tout le poids du temps ; parce que tout doit passer, l’instant présent brille d’une clarté et d’une précieuse gravité.

Cette traversée culmine dans une pensée de l’espace-temps où s’estompe la frontière binaire entre sujet et objet, culture et nature. Cette continuité spatiotemporelle s’incarne dans la notion de vide médian explorée par François Cheng, ce lieu d’intermédiaire où l’espace et le temps deviennent une respiration dynamique, permettant au ciel et à la terre de ne pas rester deux entités figées, mais de s’engager dans une métamorphose continuelle. L’exposition elle-même se déploie comme un cocon — espace de passage et de transformation, véritable cordon ombilical reliant le soi, l’autre et le cosmos.

Avec le soutien de : Novus art

Artistes

Ma Kelu

Ma Kelu est né à Shanghai en 1954, avant de s’installer à Pékin. Membre du Groupe Wuming (无名画会, Groupe de peinture sans nom), un collectif d’art contemporain chinois fondé dans les années 1970, il s’attache depuis longtemps à mettre en pratique le principe du « retour à l’essence de l’art », dans le but d’atteindre une liberté totale dans sa création artistique.

Il participe à l’exposition d’art underground de 1974, puis à l’exposition publique du Groupe Wuming en 1979. Au début des années 1980, il rejoint le mouvement de l’art abstrait expérimental à Pékin. Ses premières œuvres paysagères dépassent le simple exercice de peinture en plein air, témoignant d’une position artistique singulière, d’une démarche de recherche et d’une véritable méthodologie dans sa pratique.

Il s’installe ensuite à New York, où il étudie à la Skowhegan School of Painting and Sculpture. En 2006, Ma Kelu retourne en Chine et poursuit le développement de son langage abstrait, enrichi d’une perspective plus ouverte.

Ses œuvres figurent dans les collections de nombreuses institutions publiques et collections privées, en Chine et à l’étranger, notamment celles du Musée national de Chine, de la Tate Modern (Royaume-Uni), du musée M+ (Hong Kong), du HE Art Museum, du Guangdong Museum of Art, du Yuan Art Museum, du Yinchuan Museum of Contemporary Art, de l’Inside-Out Art Museum et de la collection Michael Evans.

 

 

 

Curateur

Joseph Cui

Joseph Cui, directeur de l’espace temps, curateur et chercheur. Arrivé en 2002 à Paris, il est diplômé en théologie et en philosophie de l’Ecole des Bernardins et en littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle. En tant que chercheur, son domaine d’étude comprend un siècle d’artistes chinois en France, du début du 20ème siècle, jusqu’à la génération actuelle. Proche de François Cheng, il commence à constituer l’archive des artistes chinois en France et tente une analyse du phénomène transculturel de leurs créations artistiques.

espace temps 

espace temps est un organisme qui se situe au coeur de Paris, à proximité du Centre Pompidou. Il est dédié à l’organisation d’expositions et d’événements de recherche, tout en favorisant les rencontres et les échanges. 

98 rue Quincampoix 75003 Paris
Du mercredi au vendredi 14h – 19h
Le samedi 11h – 19h
espacetempsart@gmail.com